Ce guide est fourni par la Commission de la fonction publique pour aider les conseillers en ressources humaines à appuyer les administrateurs généraux dans l'élaboration des lignes directrices organisationnelles.
Le guide a été élaboré pour aider les administrateurs généraux et les administratrices générales à établir les lignes directrices organisationnelles exigées par la Commission de la fonction publique (CFP).
Les administrateurs généraux et les administratrices générales ont la latitude voulue pour élaborer des lignes directrices concernant toute partie du processus de nomination. La Commission exige cependant qu'ils ou elles établissent des lignes directrices organisationnelles à l'égard de la zone de sélection, des mesures correctives et des révocations.
Les lignes directrices ont pour but de fournir un cadre pour la prise de décisions éclairées, ainsi que de s'assurer que le système de nomination de l'organisation est administré uniformément et que toutes les personnes sont traitées de manière juste.
Les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent s'assurer que les lignes directrices organisationnelles sont conformes à la Loi sur l'emploi dans la fonction publique (LEFP), aux Lignes directrices en matière de nomination de la CFP et aux autres dispositions législatives applicables. En outre, les lignes directrices d'une organisation devraient être élaborées dans le contexte de la planification des ressources humaines (RH) de l'organisation.
La LEFP est une loi habilitante qui crée la possibilité de rendre les processus de nomination plus souples et efficaces. Elle fournit aux administrateurs généraux et administratrices générales la possibilité de personnaliser ces processus afin qu'ils répondent aux besoins de leur organisation. Par conséquent, les lignes directrices peuvent être suffisamment larges pour englober la structure organisationnelle tout en étant également bien adaptées aux circonstances locales. Par exemple, la structure organisationnelle, l'environnement, le mandat et le travail à réaliser peuvent influencer le niveau de normalisation ou de direction centralisée qui sera approprié.
Les lignes directrices n'ont pas à suivre un format précis. Elles peuvent être aussi longues ou aussi courtes que l'exige la question visée. Les administrateurs généraux et les administratrices générales d'organisations de petite taille pourront vouloir créer des partenariats avec d'autres organisations pour établir des lignes directrices qui répondent à leurs besoins communs. Il est essentiel toutefois qu'elles répondent aux besoins de l'organisation.
Certains éléments sont communs aux lignes directrices organisationnelles. Les voici :
Les lignes directrices organisationnelles doivent, au moins, se conformer aux dispositions établies dans les exigences des lignes directrices de la CFP sur la zone de sélection et sur les mesures correctives et les révocations.
Les lignes directrices organisationnelles doivent également indiquer, pour le bénéfice de la direction et des membres du personnel, quelles sont les attentes de l'administrateur général ou de l'administratrice générale pour ce qui est de leur rôle et de leurs responsabilités.
Il faut également que ces lignes directrices soient rédigées de manière claire et concise afin que le lecteur ou la lectrice puisse les comprendre facilement.
Les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent s'assurer que, dans les lignes directrices organisationnelles, les dispositions relatives aux langues officielles ayant trait à l'exigence d'offrir les services dans les deux langues officielles de même que les droits linguistiques des personnes sont respectés.
Lorsqu'ils ou elles établissent des lignes directrices organisationnelles, les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent s'assurer que les dispositions liées à l'équité en matière d'emploi sont respectées, plus précisément :
Les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent, en vertu de leur Instrument de délégation et de responsabilisation en matière de nomination (IDRN), consulter tous les intervenants, y compris les agents négociateurs, lorsqu'ils et elles élaborent des lignes directrices organisationnelles pour les raisons suivantes :
De nouvelles lignes directrices amènent avec elles des défis. L'un de ces défis est l'établissement d'une compréhension commune. Puisque les lignes directrices seront nouvelles pour l'organisation, les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent s'assurer que chacune d'elles est bien comprise et peut être mise en oeuvre de manière cohérente. Les administrateurs généraux et les administratrices générales devraient prévoir de la formation dans ces domaines à l'intention de tous les fonctionnaires dans le cadre du plan d'apprentissage de l'organisation.
La communication joue un rôle important dans l'acceptation et la mise en oeuvre de lignes directrices. Il est important que les administrateurs généraux et les administratrices générales s'assurent que l'intention et l'incidence des lignes directrices organisationnelles sont bien comprises par les membres du personnel. Les administrateurs généraux et les administratrices générales devraient envisager d'avoir un plan de communication qui fasse en sorte que tous les membres du personnel de l'organisation soient au courant de la mise en oeuvre des lignes directrices organisationnelles et la comprennent. Il faut aussi s'assurer de communiquer le nom des personnes-ressources qui seront en mesure de répondre aux questions.
Les lignes directrices organisationnelles doivent être disponibles dans les deux langues officielles et sur des supports accessibles.
Les sections du guide qui suivent traitent des deux secteurs nécessaires pour se doter de lignes directrices organisationnelles, comme l'exige la CFP, à savoir la zone de sélection et les mesures correctives et révocations.
Loi
Le préambule de la Loi sur l'emploi dans la fonction publique stipule que « la fonction publique, dont les membres proviennent de toutes les régions du pays, réunit des personnes d'horizons, de compétences et de professions très variés et que cela constitue une ressource unique pour le Canada ».
Le gouvernement du Canada s'est engagé à donner aux Canadiens et aux Canadiennes un accès aux occasions d'emploi dans la fonction publique.
L'établissement d'une zone de sélection a pour but d'intéresser des personnes à des occasions d'emploi dans la fonction publique tout en tenant compte des valeurs comme l'accès, la justice, la transparence et la représentativité, ainsi que les coûts.
La zone de sélection des processus de nomination externes et internes annoncés détermine qui pourra présenter sa candidature. Dans le cas des processus de nomination internes non annoncés, la zone de sélection détermine qui pourra porter plainte à l'encontre de la nomination proposée.
Les lignes directrices organisationnelles sur la zone de sélection devront tenir compte :
Lorsqu'ils élaborent des lignes directrices organisationnelles, les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent respecter les lignes directrices de la CFP sur la zone de sélection, qui stipulent qu'une zone nationale de sélection doit être établie pour les processus de nomination externes.
Charte canadienne des droits et libertés
Les dispositions relatives à la liberté de circulation et d'établissement énoncées à l'article 6 de la Charte canadienne des droits et libertés (Charte) prévoient que tout citoyen canadien, toute citoyenne canadienne et toute personne ayant le statut de résident permanent au Canada ont le droit de se déplacer dans tout le pays et d'établir leur résidence dans toute province ou territoire et de gagner leur vie dans toute province ou territoire. La Charte s'applique aux processus de nomination externes et internes annoncés et non annoncés.
Remarque
Par le passé, les organisations fédérales dont les bureaux locaux étaient de fait établis selon les frontières provinciales ou territoriales ont utilisé le critère organisationnel.
Une zone de sélection ne doit pas être établie à l'aide d'un critère organisationnel qui utilise ou suit de près les frontières provinciales ou territoriales. Cette zone risquerait de violer la Charte.
Le critère géographique défini dans une zone de sélection ne doit pas avoir pour effet de faire des distinctions injustes à l'égard de personnes principalement sur la base de leur province ou territoire de résidence passé ou actuel. Par conséquent, la zone de sélection ne doit pas suivre les frontières provinciales ou territoriales puisque cela ne serait pas conforme à l'esprit de la Charte.
Accord sur le commerce intérieur
L'Accord sur le commerce intérieur (ACI) est une entente fédérale-provinciale qui a été élaborée dans le but de réduire et d'éliminer, dans la mesure du possible, les obstacles à la libre circulation des personnes, des produits, des services et des investissements à l'intérieur du Canada.
Les dispositions sur la mobilité prévues dans l'ACI s'appliquent aux pratiques de recrutement externes de la fonction publique. En ce qui concerne les restrictions géographiques, l'objet de l'ACI était d'éliminer les obstacles entre les provinces à la mobilité de la main-d'oeuvre. Cela signifie que lorsqu'une zone de sélection respecte la Charte, elle respectera également l'ACI.
Entente-cadre sur l'union sociale
L'Entente-cadre sur l'union sociale (ECUS) de 1999 est une entente entre le gouvernement du Canada et les gouvernements provinciaux et territoriaux en vue de collaborer ensemble et avec les Canadiens et les Canadiennes, pour renforcer notre système de santé, éliminer les obstacles à la mobilité des Canadiens et des Canadiennes, faire participer ces derniers à l'élaboration de programmes sociaux et renforcer les partenariats entre les gouvernements. Les obligations de la fonction publique en vertu de l'ECUS sont les mêmes qu'en vertu de l'ACI.
Remarque
Une zone de sélection établie d'une façon qui est compatible avec la Charte canadienne des droits et libertés sera également conforme à l'Entente sur le commerce intérieur et à l'Entente-cadre sur l'union sociale.
Loi
L'article 34 de la nouvelle Loi sur l'emploi dans la fonction publique permet de fonder les zones de sélection sur des critères géographiques, organisationnels, professionnels et d'équité en matière d'emploi.
Dans le cadre des lignes directrices de leur organisation, les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent s'efforcer de définir les zones de sélection appropriées qui engloberaient un nombre raisonnable de personnes pour l'occasion d'emploi.
De quoi s'agit-il?
Critères de la zone de sélection
Critère géographique – Se rapporte à l'endroit où les personnes doivent résider ou résident ou sont employées pour pouvoir être nommées. Dans le cas d'étudiants et d'étudiantes, il peut s'agir du lieu de leur résidence permanente ou de l'établissement d'enseignement qu'ils fréquentent.
Critère organisationnel – Se rapporte à l'organisation où les personnes doivent être employées.
Critère professionnel – Se rapporte à un domaine qui peut couvrir plusieurs professions (p. ex., les services de santé, les sciences sociales, et ainsi de suite.) ou être plus précis et se rapporter à un emploi particulier (par exemple infirmier ou infirmière, aéronauticien ou aéronauticienne, avocat ou avocate, et ainsi de suite.) ou même à des emplois dans un programme de perfectionnement.
Critère d'équité en matière d'emploi – Se rapporte à la restriction d'une zone de sélection à un ou plusieurs groupes désignés tels qu'ils sont définis à l'article 3 de la Loi sur l'équité en matière d'emploi.
Sauf pour une zone nationale de sélection, les administrateurs généraux et les administratrices générales voudront peut-être envisager d'incorporer les assouplissements prévus à l'article 34 de la LEFP pour ce qui est de l'utilisation de différents critères de définition de la zone de sélection dans leurs lignes directrices.
Par exemple, il pourrait y avoir des situations où il serait logique d'utiliser le critère organisationnel lors de processus de recrutement externes pour ouvrir un processus de nomination aux employés et employées d'autres ordres de gouvernement, d'organisations sans but lucratif, d'associations professionnelles, d'organisations du secteur privé, et ainsi de suite.
Dans d'autres situations, il pourrait s'avérer approprié d'utiliser le critère professionnel pour restreindre la zone de sélection à un domaine qui peut couvrir plusieurs professions semblables (p. ex., services de santé) ou de faire référence aux membres d'une profession particulière (p. ex., aéronauticien ou aéronauticienne).
Voir le Guide sur l'établissement d'une zone de sélection pour obtenir des exemples de la façon d'utiliser les différents critères.
Les zones de sélection peuvent maintenant être restreintes aux membres de groupes désignés. Les lignes directrices de la CFP exigent que l'utilisation de ce critère soit doté d'éléments d'appui issus de la planification des ressources humaines ou du plan d'équité en matière d'emploi de l'organisation.
Loi
En vertu de la Loi sur l'équité en matière d'emploi, les ministères et organismes fédéraux doivent préparer un plan d'équité en matière d'emploi.
Le fait de restreindre une zone de sélection aux membres de groupes désignés peut aider à mettre en oeuvre un plan d'équité en matière d'emploi dans l'organisation. De plus, les critères géographiques, organisationnels et professionnels peuvent aussi être étendus aux membres de groupes désignés pour faire progresser les objectifs d'équité en matière d'emploi.
Les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent établir, dans leurs lignes directrices organisationnelles, les circonstances dans lesquelles le critère d'équité en matière d'emploi sera utilisé pour définir une zone de sélection afin de réaliser une main d'oeuvre représentative. C'est-à-dire, quand il serait approprié de restreindre une zone de sélection à un ou plusieurs groupes désignés ou encore d'étendre une zone de sélection pour accroître le nombre de membres de groupes désignés.
En plus de respecter les dispositions relatives à la liberté de circulation de la Charte, l'ACI et l'ECUS, les administrateurs généraux et les administratrices générales sont encouragés à favoriser la mobilité en offrant des occasions de mobilité pangouvernementale en provenance d'autres organisations fédérales lorsqu'ils ou elles établissent leurs lignes directrices sur la zone de sélection. Ceci est conforme aux valeurs et principes inhérents à la nouvelle LEFP.
Renseignements supplémentaires
Pour obtenir d'autres détails et exemples sur l'admissibilité et la mobilité vers et entre les organisations de la fonction publique, prière de consulter le Guide sur l'établissement d'une zone de sélection.
Les lignes directrices organisationnelles sur les mesures correctives et les révocations devraient promouvoir la communication et le traitement équitable des personnes qui pourraient être touchées par une décision de prendre des mesures correctives ou de révoquer une nomination.
Principes d'équité procédurale lors d'enquêtes internes :
Pour de plus amples renseignements, prière de consulter le Guide sur les pratiques exemplaires lors des enquêtes.
On doit procéder à une enquête avant de décider de prendre des mesures correctives ou de révoquer une nomination. La nouvelle LEFP oblige la Commission de mener des enquêtes de la façon la plus informelle et la plus rapide possible, et les administrateurs généraux et administratrices générales devraient faire de même.
Toutefois, le processus suivi pour prendre une décision devrait respecter les principes d'équité procédurale.
Le processus suivi pour ce qui concerne les mesures correctives et les révocations devrait :
Puisque le pouvoir de révoquer les nominations internes est délégué à l'administrateur général ou à l'administratrice générale et qu'il ne peut être subdélégué, il est important de bien préciser dans les lignes directrices organisationnelles que ce pouvoir demeure la prérogative de l'administrateur général ou de l'administratrice générale.
Toutefois, le pouvoir de mener une enquête ou de prendre des mesures correctives peut être subdélégué au sein de l'organisation. Les administrateurs généraux et les administratrices générales voudront peut-être indiquer dans les lignes directrices de l'organisation si le pouvoir de prendre des mesures correctives a été subdélégué et à qui.
Les lignes directrices organisationnelles doivent respecter la loi et les lignes directrices de la CFP. Elles doivent, à tout le moins, se conformer aux dispositions établies dans les exigences des Lignes directrices sur les mesures correctives et les révocations de la CFP.
Puisque la décision de mener une enquête est de nature discrétionnaire, les administrateurs généraux et les administratrices générales ne sont pas tenus d'enquêter sur toutes les questions portées à leur attention. La décision d'enquêter sera prise au cas par cas. Il est donc important que les administrateurs généraux et les administratrices générales établissent des critères pour les guider dans leur décision de procéder ou non à une enquête.
La prise en considération des critères suivants peut aider à prendre la décision d'enquêter :
La loi exige qu'avant de prendre des mesures correctives ou de révoquer une nomination un administrateur général ou une administratrice générale mène une enquête. Il se peut que les organisations possèdent une expérience des enquêtes sur toutes sortes de questions; c'est pourquoi elles peuvent très bien adapter leurs enquêtes à leur mode de fonctionnement particulier.
Puisque les enquêtes peuvent avoir pour conséquence la perte de l'emploi, les administrateurs généraux et administratrices générales doivent établir un processus fiable pour mener leurs enquêtes. Lorsqu'on fixe les procédures ou les lignes directrices organisationnelles, il faut tenir compte de ce qui suit :
Loi
Le paragraphe 15(3) de la LEFP dit ceci : « […] l'autorisation doit comprendre le pouvoir de révoquer ces nominations -- et de prendre des mesures correctives à leur égard -- dans les cas où, après avoir mené une enquête, il est convaincu qu'une erreur, une omission ou une conduite irrégulière a influé sur le choix de la personne nommée ».
Afin de prendre des mesures correctives ou de révoquer une nomination, l'administratrice générale ou l'administrateur général doit être convaincu(e) qu'une erreur (par exemple, le ou la gestionnaire croyait à tort que la personne nommée se trouvait dans la zone de sélection), une omission (par exemple, le ou la gestionnaire a omis d'évaluer une qualification essentielle) ou une conduite irrégulière (par exemple, le ou la gestionnaire embauche un ami ou une amie qui ne possède pas les qualifications essentielles) a influé sur la sélection aux fins de nomination.
L'accent est donc mis sur la sélection de la personne nommée ou qu'on propose de nommer et non sur les personnes qui n'ont pas été nommées. L'administrateur général ou l'administratrice générale doit s'assurer, avant de prendre quelque mesure corrective que ce soit, que l'erreur, l'omission ou la conduite irrégulière a eu des répercussions sur la sélection.
Lorsqu'il ou elle établit les lignes directrices de l'organisation, l'administrateur général ou l'administratrice générale pourra vouloir envisager de fixer des critères pour déterminer si elle ou il doit prendre des mesures correctives ou révoquer une nomination. Par exemple :
Lois
La divulgation de renseignements doit respecter la Loi sur la protection des renseignements personnels et la Loi sur l'accès à l'information et tout règlement établi par la CFP concernant la divulgation de renseignements obtenus au cours d'une enquête.
Il est important de tenir compte des questions liées à la confidentialité et de respecter les principes de l'équité procédurale pendant le processus et lors de la prise de mesures correctives ou de la révocation.
Les renseignements personnels ne peuvent être communiqués qu'aux personnes qui ont besoin de savoir. On doit donner aux personnes pouvant être touchées directement par la décision suffisamment d'information pour qu'elles soient en mesure de réagir à la question.
La divulgation des renseignements doit respecter les obligations légales et garantir la fiabilité du processus. Les administrateurs généraux et les administratrices générales doivent demander l'aide du coordonnateur ou de la coordonnatrice de la protection des renseignements personnels et de l'accès à l'information avant de divulguer des renseignements personnels.