Déficience
auditive
Que
devez-vous savoir à propos de cette déficience?
Habituellement, par personnes ayant une déficience auditive on entend
les personnes qui sont sourdes, qui
sont devenues sourdes ou qui sont malentendantes.
- Les personnes qui sont sourdes présentent
une déficience auditive grave ou profonde. Ils ont perdu le sens de l'ouïe
avant d'avoir développé le langage parlé.
Comme la plupart des personnes sourdes
n'acquièrent pas toutes leurs aptitudes linguistiques par le biais du conduit
auditif, elles se servent habituellement d'un mode de communication visuelle,
par exemple le langage gestuel, la lecture labiale ou phonomimique ou
l'écriture. Cependant, certaines personnes sourdes, qui se sont familiarisées
avec la « méthode orale » de communication à l'école, peuvent se
servir seulement de la parole et de l'ouïe pour communiquer et n'ont pas
recours au langage gestuel. On qualifie souvent ces personnes de « sourdes
oralistes ». Pour la plupart des personnes sourdes, toutefois, la parole
n'est pas un mode de communication efficace même avec une aide technique, bien
que certaines personnes qui présentent une déficience auditive profonde
utilisent un appareil qui amplifie tous les reliquats auditifs. L'audition
résiduelle peut permettre à une personne de capter les sons ambiants.
La majorité des personnes sourdes utilisent le
langage gestuel pour communiquer et considèrent que leur langue première est le langage ASL (langage gestuel américain) ou la langue des signes québécois (LSQ).
- Les personnes devenues
sourdes ont développé une déficience auditive allant de grave ou profonde après avoir appris à parler et avoir
développé leurs capacités langagières. Certaines personnes peuvent avoir perdu
graduellement le sens de l'ouïe, alors que d'autres peuvent être devenu sourdes
brusquement. La plupart des personnes devenues sourdes ne sont plus capables
d'entendre les paroles qui sont prononcées, même en utilisant une aide
technique. Si les sons sont amplifiés suffisamment, certaines personnes
devenues sourdes sont capables de communiquer en se servant de la parole et de
l'ouïe. Récemment, des personnes devenues sourdes ont pu bénéficier des
avantages que procurent les implants cochléaires.
Bien qu'il y ait des exceptions, normalement,
les personnes devenues sourdes ne maîtrisent pas le langage gestuel mais
certaines, pour comprendre la langue parlée, peuvent lire sur les lèvres
(lecture labiale). Elles communiquent souvent par l'écrit, surtout si
d'importants troubles du langage ont accompagné la perte du sens de l'ouïe. La
capacité de lire et celle d'écrire ne sont habituellement pas touchées chez les
personnes qui deviennent sourdes puisqu'elles perdent le sens de l'ouïe après
avoir acquis ces capacités.
- Les personnes qui sont malentendantes présentent
une déficience auditive qui ne les empêche pas de comprendre la langue parlée -
le plus souvent avec l'aide d'un appareil. La perte d'audition peut aller de
légère à grave, mais, avec l'aide d'un appareil de correction auditive, une
personne malentendante peut encore communiquer principalement avec l'usage de
la parole. De plus, la lecture labiale et d'autres dispositifs d'amplification
sonore peuvent souvent l'aider à communiquer. Certaines personnes utiliseront
le langage gestuel, d'autres pas. Le degré de la perte d'audition peut ne pas
être le même pour les deux oreilles; certaines personnes peuvent présenter une
perte d'audition importante dans une oreille et mieux entendre de l'autre.
Bien que la perte du sens de l'ouïe puisse
débuter à n'importe quel moment chez les personnes malentendantes, normalement
la perte d'audition ne sera pas grave au point de perturber l'acquisition de la
parole. L'intelligibilité des messages verbaux que transmettent les personnes
malentendantes variera d'une personne à une autre et selon les circonstances
relatives au milieu; les capacités de lire et d'écrire varieront de la même
façon que dans la population en général.
De quelle
information ou documentation professionnelle a-t-on besoin et de qui?
Les postulants et les postulantes ayant une déficience auditive n'ont
habituellement pas à fournir de documentation d'une professionnelle ou d'un
professionnel. Dans la plupart des cas, ceux en charge d'établir les mesures
d'adaptation lors de l'évaluation peuvent obtenir toute l'information requise
sur la nature et la portée des limitations fonctionnelles auditives en
consultant directement le postulant ou la postulante.
Quels sont les éléments clés à considérer?
Lorsqu'on détermine les mesures d'adaptation à être utilisées lors de
l'évaluation pour les personnes ayant des limitations auditives, les trois
éléments suivants devraient être considérés :
1. La nature
et la portée des limitations fonctionnelles de la personne doivent être bien comprises. Les questions qui suivent peuvent vous aider à obtenir de l'information pertinente.
- Quel est l'ampleur de la perte d'audition de la
personne et depuis quand a-t-elle cette déficience auditive?
- Quel est le moyen de communication que préfère la
personne en ce qui a trait aux instructions et aux éléments oraux de
l'évaluation (réception et expression)?
- Dans quelle mesure l'alphabétisation (lecture et
écriture) du postulant ou de la postulante est touchée?
- Quelle technologie de communication la personne
utilise-t-elle habituellement pour comprendre le langage parlé?
Il est important de mentionner à nouveau que la personne handicapée est la première source d'information sur la façon dont ses limitations fonctionnelles l'affectent et sur les mesures d'adaptations appropriées à ses besoins spécifiques. En conséquent, cette information est habituellement recueillie auprès de la personne. Pour vous aider à recueillir l'information nécessaire, vous pouvez vous référer au questionnaire disponible à l'appendice 2.
2. La
connaissance de l'outil d'évaluation qui sera utilisé est requise. En
fonction des caractéristiques de l'outil d'évaluation, les mesures d'adaptation
nécessaires pour un outil particulier peuvent ne pas être nécessaires pour un
autre outil. Voici certaines considérations pour vous aider à identifier les
caractéristiques de l'outil d'évaluation.
Pour une entrevue :
- Est-ce que de la documentation écrite est fournie
avant ou pendant l'entrevue? Si oui, y a-t-il beaucoup de lecture?
- Est-ce qu'il y a une période avant l'entrevue pour
préparer les réponses?
- Quelle est la durée prévue des réponses données
oralement
- Est-ce qu'il y a une composante écrite? Si oui, y
a-t-il beaucoup d'écriture?
- Quel est le temps alloué?
Pour un test écrit :
- Est-ce des questions à développement, à réponses
brèves ou à choix multiple?
- Est-ce une étude de cas, un exercice de panier de
gestion?
- Est-ce un examen à livre ouvert?
- Combien y a-t-il de questions?
- Y a t-il beaucoup de lecture ou d'écriture?
- Quel est le temps alloué?
- Est-ce que les instructions sont transmises oralement
ou par écrit?
Pour une situation
interactive :
- Est-ce que c'est une situation de groupe? Si oui,
combien y a-t-il de participants? Est-il indiqué d'informer les autres
participants et participantes des limitations fonctionnelles de la personne? Si
oui, qui les informera, le postulant ou la postulante ou encore la personne
chargée d'administrer la session interactive?
- Est-ce que des documents écrits sont donnés avant ou
pendant la situation? Si oui, y a-t-il beaucoup de lecture?
- Quelle est la durée prévue de l'exercice au niveau des
interactions orales?
- Est-ce qu'il y a une composante écrite? Si oui, y
a-t-il beaucoup d'écriture?
- Quel est le temps alloué?
3. La connaissance de la qualification évaluée
est essentielle. Cette information vous aidera à vous assurer que les
mesures d'adaptation ne modifieront pas la nature et le niveau de la
qualification évaluée. Voici des éléments de questionnement :
- Quelle(s) qualification(s) sera (seront) évaluée(s) par l'outil d'évaluation? S'agit de connaissances, de capacités/compétences, d'aptitudes ou de qualités personnelles?
- Est-ce qu'il y a une exigence au niveau de la rapidité
d'exécution?
- Est-ce que le niveau de la qualification évaluée
reflète les exigences du poste?
Déterminer les
mesures d'adaptation qui seront utilisées lors de l'évaluation demande
nécessairement une recherche et une analyse des trois éléments mentionnés ci-haut;
au niveau de l'incidence qu'ils ont les uns sur les autres, et l'application
des Principes des mesures d'adaptation en matière
d'évaluation. Cette analyse est la justification qui sous-tend les
mesures d'adaptation proposées. Cette justification doit expliquer en quoi les
mesures d'adaptation permettent à la personne de démontrer pleinement ses
qualifications, tout en empêchant ses limitations fonctionnelles de la
désavantager. Elle explique également comment la personne ne bénéficie pas d'un
avantage comparativement aux autres dans le processus de nomination, et ainsi,
que le mérite est préservé.
Exemples de mesures d'adaptation
lors de l'évaluation et considérations
Voici des exemples
et des considérations qui peuvent être utiles lors de la détermination des
mesures d'adaptation à être utilisées lors de l'évaluation. Vous trouverez
également des exemples spécifiques de mesures d'adaptation en fonction des
limitations fonctionnelles possibles.
En regardant ces
exemples, gardez à l'esprit que les mesures d'adaptation doivent être
déterminées en fonction de chaque cas. Ainsi, leur pertinence dépendra donc de
la nature et la portée des limites fonctionnelles de la personne, de l'outil
d'évaluation utilisé et de la qualification mesurée. Les mesures d'adaptation
doivent, si possible, ressembler à la manière dont la personne exécuterait habituellement la
tâche si elle était au travail, et ne doivent pas altérer la nature et le
niveau de la qualification évaluée. Pour plus de détails, référez à la section Établir et mettre en place des mesures d'adaptation en
matière d'évaluation.
Mode de communication : Communiquer
efficacement avec les personnes qui ont une déficience auditive est ce qui
importe avant tout. Les postulantes et les postulants sont habituellement les
mieux placés pour vous dire comment répondre à leurs besoins, que ce soit par
l'intermédiaire d'interprètes gestuels, de la technologie de communication ou
par d'autres moyens.
Importance des
instructions : Veiller à ce que les instructions et les questions
types soient parfaitement comprises constitue souvent la principale mesure
d'adaptation. Il importe donc de prévoir suffisamment de temps et d'utiliser
les ressources de communication pertinentes.
Temps additionnel : Il faut
généralement prévoir plus de temps dans les situations d'évaluation orale pour communiquer
efficacement avec les personnes qui ont une déficience auditive, mais ce genre
de mesure d'adaptation n'est pas la norme lors des évaluations écrites.
Technologie de
communication : Il importe de fournir aux postulants et aux
postulantes les appareils ou le logiciel qu'ils ou elles utilisent
habituellement, à la fois pour lire le matériel d'évaluation et pour écrire ses
réponses. Au besoin, l'équipement appartenant aux postulants ou aux postulantes
peut être transporté dans la pièce où a lieu l'évaluation. Vous pouvez
également administrer l'évaluation dans le bureau des postulants ou des
postulantes au cours d'une séance supervisée. Pour une brève description des
technologies d'adaptation, voir le glossaire à l'appendice 4.
Le volet verbal d'une évaluation écrite : Le niveau
d'alphabétisation requis pour que le postulant ou la postulante puisse
démontrer pleinement ses qualifications lors d'une évaluation ne devrait pas
dépasser le niveau exigé pour faire le travail; ceci est vrai pour tous les
postulants et postulantes. Lorsque le travail exige de fortes aptitudes verbales,
il est approprié que ces aptitudes soient reflétées dans l'outil ou la méthode
d'évaluation.
Lorsque l'on doit modifier les instructions :
- Les instructions qui sont normalement communiquées
verbalement peuvent être écrites sur une feuille ou sur un tableau à feuilles
volantes.
- Le postulant ou la postulante devrait pouvoir se
servir d'un bloc-notes pour poser des questions.
- Il est possible aussi de demander les services d'un interprète oral.
- Prévoyez le temps additionnel qu'il faut pour
communiquer.
- Il peut être approprié de simplifier le niveau de
langue des instructions pour que le postulant ou la postulante les comprenne du
premier coup lorsqu'elles lui sont lues à haute voix.
- Il peut être approprié de demander au postulant ou à
la postulante de répéter les instructions en utilisant le moyen de
communication de son choix afin de s'assurer de sa compréhension.
Pour les évaluations orales :
- Dans le cadre d'une entrevue, un ordinateur portatif
ou un logiciel d'écriture peut servir à communiquer.
- Dépendamment de la qualification évaluer, un postulant
ou une postulante peut remettre un texte écrit au lieu de faire une
présentation orale.
- Dans une situation d'évaluation de groupe, il est
possible de communiquer avec une personne qui est sourde au moyen du sous-titrage en temps
réel. La
consultation d'un spécialiste est recommandée.
- Pour les personne présentant une légère déficience auditive, si l'évaluation est
administrée à un groupe, il peut suffire de demander au postulant ou à la
postulante de prendre place à l'avant de la pièce et de vérifier s'il ou elle
comprend bien les instructions transmises.
- Dans le cadre d'une entrevue, demandez au postulant ou
à la postulante s'il ou elle entend mieux d'une oreille que de
l'autre et placez-vous du bon côté quand vous prenez la parole.
- Parlez sur le ton habituel; vérifiez si le postulant
ou la postulante vous entend bien et ajustez-vous en conséquence.
Lorsque l'on doit modifier l'endroit où l'évaluation est administrée :
- La pièce devrait être bien éclairée et libre de tout
ce qui pourrait être une source de distraction sur le plan visuel; il ne
devrait pas y avoir d'ombre ou de reflet sur le visage du surveillant ou de la
surveillante.
- Les rideaux, les tapis et les tissus d'ameublement
peuvent limiter la réverbération du son et, par conséquent, améliorer la
qualité acoustique de la pièce.
- Indiquez le début et la fin d'une évaluation écrite de
façon visuelle (par exemple, en allumant
et en éteignant la lumière).
Lorsque le postulant ou la
postulante choisit la lecture labiale :
- Le surveillant ou la surveillante doit idéalement se
tenir à au plus un mètre du postulant ou de la postulante.
- Évitez de vous tenir directement devant une source de
lumière (par exemple, une fenêtre) pour qu'il n'y ait pas d'ombre sur votre
visage.
- Si c'est possible, vous devriez être au même niveau
(en position assise ou debout) que le postulant ou la postulante quand vous lui
adressez la parole.
- Le postulant ou la postulante doit bien voir votre
bouche. Faites-lui face quand vous lui parlez. Le port de la moustache ou de la
barbe, le fait de mâcher de la gomme, de bouger vos mains ou de tenir vos
lunettes près de votre bouche rendent la lecture labiale beaucoup plus
difficile.
- Soyez expressif quand vous parlez; une personne qui
lit sur les lèvres se fie à l'expression du visage de son interlocuteur, à ses
gestes et à son langage corporel pour le comprendre.
- Parlez clairement et distinctement sans toutefois
exagérer. Demandez au postulant ou à la postulante si vous parlez trop
rapidement et ralentissez, au besoin.
- Le postulant ou la postulante ne peut pas obtenir les
instructions en faisant une lecture labiale et les lire en même temps. Ainsi, laissez-lui
du temps pour lire les instructions et/ou les exemples après chacune des
instructions et/ou exemples que vous lisez à voix haute.
- Soyez à l'affût des signes de fatigue chez le
postulant ou la postulante; tel que : si elle ou il fait davantage
d'erreurs d'interprétation, est agité, ajuste souvent son appareil auditif ou
montre des signes d'irritabilité.
- Utilisez une table ronde pour améliorer les lignes de visibilité
dans une situation de groupe.
Lors que l'on fait appel à une ou un interprète gestuel :
- Les discussions avec l'interprète relativement aux
méthodes d'évaluation doivent avoir lieu avant et non pendant la séance d'évaluation,
en présence de la postulante ou du postulant.
- Avant la séance d'évaluation, l'interprète devrait se
familiariser avec les instructions et la terminologie utilisée dans le cadre de
l'évaluation qu'il ou elle devra interpréter.
- Il y a toujours un décalage de quelques mots ou
phrases entre ce que dit l'interprète et ce que dit la personne qui donne les
instructions. C'est donc une bonne idée de faire de courtes pauses pour laisser
au postulant ou à la postulante le temps de réagir ou de poser des questions.
- L'interprète doit éviter de se tenir directement devant
une source de lumière (par exemple, une fenêtre) pour qu'il n'y ait pas d'ombre
sur lui ou elle.
- La
personne qui administre l'évaluation ne doit pas oublier qu'elle doit
s'adresser directement au postulant ou à la postulante même en présence d'un ou
d'une interprète.
- Prévoyez
ajouter du temps à l'étape des instructions. Celles-ci devront d'abord être
communiquées par langage gestuel au postulant ou à la postulante qui les lira
ensuite. Rappelez-vous que, contrairement à ceux qui n'ont pas de déficience
auditive, le postulant ou la postulante ne peut recevoir les instructions en
langage gestuel et les lire en même temps.
- Demandez au postulant ou à la postulante de
communiquer en langage gestuel les instructions reçues à l'interprète gestuel
pour vous assurer qu'il ou elle les a bien comprises.
- Dans le cas d'une évaluation écrite comportant des
sous-tests pour lesquels les instructions varient, pensez à organiser une
rencontre avant la session d'évaluation pour que le postulant ou la postulante
puisse réviser les instructions et les comprendre.
- Permettez au postulant ou à la postulante d'utiliser
le langage gestuel pour faire une présentation orale, en présence d'une ou d'un
interprète gestuel. Dans ce cas, c'est le contenu de la présentation qui doit
être noté et non le style de communication.