Rédigé par Corporate Research Associates Inc. et Kelly Sears Consulting Group pour le compte de La Commission de la fonction publique
Mars 2008
Le programme Recrutement de leaders en politiques (RLP) a été approuvé le 17 décembre 2004 par la Commission de la fonction publique (CFP) du Canada. D’entrée de jeu, il faut souligner que l’initiative, malgré ce que peuvent laisser entendre les documents publiés à son égard, n’est pas à proprement parler un programme. Il s’agit en fait d’une stratégie de recrutement ciblé financée annuellement à même le budget global de la CFP. Les partenaires qui participent à la mise en œuvre contribuent également au financement. Comme l’initiative ne reçoit pas de financement permanent ou à long terme, elle est administrée à la façon d’un projet pilote.
Le programme s’inscrit dans la volonté des responsables des politiques de la fonction publique fédérale de renouveler leur effectif, tout en renforçant leur capacité en matière d’élaboration de politiques. Pour y parvenir, le programme reçoit l’appui du Comité des hauts fonctionnaires (CHF), dont un des membres agit à titre de champion (pour l’heure, cette fonction ressortit au président de l’Agence des services frontaliers du Canada).
L’évaluation s’est déroulée dans le cadre de l’examen que fait régulièrement la CFP de ses programmes et de ses activités, dans le dessein précis d’approuver le programme. L’exercice a été réalisé pour le compte de Pratiques de gestion ministérielle et évaluation, Commission de la fonction publique, par Corporate Research Associates, Inc. (CRA) en partenariat avec le Kelly Sears Consulting Group. Selon l’énoncé des travaux, l’évaluation devait « établir jusqu’à quel point les mesures prises pour atteindre les objectifs et obtenir les résultats souhaités sont efficaces et optimisent les ressources ». L’évaluation comprenait diverses composantes de collecte de données, dont un sondage en ligne auprès des candidates et des candidats du programme RLP et d’autres groupes intéressés, des entrevues personnelles en profondeur auprès des responsables du programme RLP et d’autres intervenantes et intervenants, ainsi qu’un groupe de discussion avec les recrues du programme RLP du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, le plus important client du programme.
L’évaluation a mené à quelques grandes conclusions :
1. Le programme RLP rejoint l’objectif prioritaire du gouvernement canadien eu égard au renouvellement de ses ressources humaines.
Le renouveau de la fonction publique fait actuellement partie des objectifs prioritaires du gouvernement canadien. Or, pour parvenir à ses fins le gouvernement doit améliorer ses outils afin de faciliter l’accès à la fonction publique aux échelons intermédiaires et supérieurs. Le programme RLP cadre tout à fait dans cette volonté de recruter des candidates et des candidats hautement qualifiés qui deviendront des spécialistes des politiques publiques.
2. Le programme RLP répond à un véritable besoin de recrutement de spécialistes des politiques au sein des ministères.
La preuve la plus tangible de cette réussite vient des clients eux-mêmes, c’est-à-dire les cadres supérieurs et les responsables des politiques au sein des ministères et des organismes fédéraux, qui voient dans le programme RLP un mécanisme fort efficace pour recruter des spécialistes des politiques de calibre supérieur. Le programme attire des candidates et des candidats exceptionnels et, aux yeux de ses clients, il s’avère très efficace pour recruter une relève talentueuse aux échelons intermédiaires et supérieurs.
Il n’est pas facile de comparer les délais de placement des recrues du programme RLP, pour la simple raison qu’il n’existe pas de processus ni de programme directement comparable – qui serait, à l’instar du RLP, un processus de recrutement pluriministériel, externe et ciblé. Chacune des campagnes du programme RLP (depuis l’affichage de l'annonce jusqu’à la création d’un répertoire – ou « bassin » – de candidates et de candidats partiellement évalués) dure 14 semaines, et il s’écoule en moyenne 23,2 semaines après la création du bassin avant que les candidates et les candidats trouvent un poste, ce qui porte la durée totale du processus par candidate ou candidat à 37,2 semaines en moyenne. Il faut préciser cependant que, une fois qu’elles et ils sont inscrits dans le bassin de candidates et de candidats partiellement évalués, le programme RLP traite directement avec ces derniers afin de déterminer le moment de leur entrée dans la fonction publique. Il peut arriver que, pour des motifs personnels d’ordre scolaire ou autres, ils décident de reporter leur entrée en fonctions. Les délais attribuables aux candidates et aux candidats eux-mêmes ont des incidences sur la durée moyenne du processus, qui peut être plus court que la moyenne ou se prolonger jusqu’à deux ans dans certains cas.
En dépit de cette latitude propre au programme RLP, la durée de dotation moyenne se compare avantageusement à celle obtenue avec d’autres processus de plus grande envergure (recevant plus de 500 candidatures) qui, selon l’étude La durée du processus de dotation au sein de la fonction publique fédérale : quelques facteurs contributifs menée en 2006 par la CFP, s’établit à 38,5 semaines.
3. Le programme RLP progresse vers l’atteinte de ses objectifs
Le programme compte plusieurs accomplissements importants à son actif :
1. Le programme RLP doit être maintenu avec un budget permanent.
Selon toute vraisemblance, le programme RLP est efficient et comble un besoin continu d’assurer la relève des spécialistes des politiques de haut calibre au gouvernement fédéral. Si rien ne justifie pour l’instant d’en modifier la forme dans un avenir proche, le fait qu’il s’agisse d’un instrument non permanent ne va pas sans risque, et c’est pourquoi il est fortement recommandé d’en faire un programme de recrutement permanent. La preuve la plus tangible de cette réussite vient des clients eux-mêmes, c’est-à-dire les cadres supérieurs et les responsables des politiques au sein des ministères et des organismes fédéraux, qui voient dans le programme RLP un mécanisme fort efficace pour recruter des spécialistes des politiques de calibre supérieur. Il est indiscutable que le programme attire des candidatures de haut niveau, et les intervenantes et intervenants confirment que le processus de dotation est plus rapide que celui d’autres programmes de la fonction publique.
2. Il faut développer la structure du programme RLP.
L’évaluation a fait ressortir les caractéristiques souhaitées d’un programme RLP renouvelé :
3. Il faut demander l’établissement et l’approbation d’un budget permanent pour le programme RLP.
Il faudra à cet égard préparer une analyse de rentabilisation qui fera état des niveaux de financement requis et qui permettra de trouver une source de financement. Les questions d’ordre général – par exemple, la responsabilité du budget et l’attribution des pouvoirs de signature – devront être réglées avant d’entreprendre la préparation d’une présentation au Conseil du Trésor.
Date de l’approbation du rapport d’évaluation – 31 mars, 2008
| Recommandations | Plan d’action de la gestion | BPR | Date d’achèvement prévue |
|---|---|---|---|
(1) Le programme RLP doit être maintenu avec un budget permanent |
La gestion est en accord avec la recommandation de maintenir le programme RLP sous réserve des résultats de l’examen en cours. | CFP | Été 2008 |
| (2) Il faut développer la structure du programme RLP | La gestion travaillera avec les parties prenantes afin de définir les besoins et élaborer la structure d’ensemble du programme. | CFP et les partenaires de livraison | À déterminer |
| (3) Il faut demander l’établissement et l’approbation d’un budget permanent pour le programme RLP | La gestion est en accord avec la recommandation de maintenir le programme RLP sous réserve des résultats de l’examen en cours. | CFP | Été 2008 |
Un mandat qui a été renforcé récemment par suite d’une recommandation du Comité consultatif sur la fonction publique nommé par le Premier ministre, que l’on trouve dans son Deuxième rapport de février 2008.
Pour une version complète du rapport, vous pouvez communiquer avec la Direction des pratiques de gestion ministérielles et évaluation au 613-995-6360.